C’était la vie, puis la mort.

….Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Birago Diop (1906-1989), Leurres et lueurs (1960) – (éditions Présence Africaine)

Nous sommes lundi, je me lève le matin, motivée à affronter mon quotidien. Tout se passe bien jusqu’à ce je tombe sur un statut, l’histoire est telle que je me sens brisée en mille morceaux. Toute ma motivation s’effondre, j’ai juste envie de pleurer, de hurler, de crier si fort au point d’évacuer ce nœud qui me serre la gorge.


Je n’arrête pas de me dire qu’aucune femme ne devrait mourir en mettant au monde son enfant, aucune famille ne devrait affronter une telle épreuve après neuf mois d’attente et de sacrifice…
Je vous raconte de quoi il s’agit : une femme enceinte se dirige dans un grand hôpital espérant y trouver des soins appropriés pour accoucher en toute sécurité. Elle était suivie durant toute sa grossesse et le moment tant attendu est enfin arrivé, elle est à terme. Elle est consciente de son état, de ses limites et du poids de son bébé, 4 kg bien faits au dernier rendez-vous. Elle aimerait sortir son enfant par voie basse, mais elle est consciente que cela présente un risque élevé à la fois pour elle que pour son bébé. Elle n’a pas d’autres choix mais elle sait qu’elle peut sauver sa vie et celle de son enfant, elle demande une césarienne.
Elle n’est pas médecin, certes, mais c’est elle la parturiente, elle a droit de choisir dans quelle condition mettre au monde son enfant, sa demande est rejetée, elle est oubliée dans la salle de travail, personne ne se soucie de son cas. Elle supplie, insiste d’avoir une césarienne mais non, ici c’est la dictature médicale.
Col ouvert à 10, elle est toute fatiguée, elle est convaincue que son bébé aussi, elle explique au personnel médical, homme comme femme, personne ne l’écoute. Au lieu de ça, on l’oblige à accoucher par voie basse, elle continue d’insister, de dire que ce ne sera pas possible, que son bébé est gros, qu’ils sont tous les deux fatigués, mais non, personne ne s’en soucie.
Elle obtempère, elle pousse, elle pousse encore, elle fournit toute sa force, et boom : la tête du bébé est là, mais c’est loin de finir, elle essaie de pousser, au lieu de ça, elle s’évanouit et ce sera tout.


Ils se débrouillent alors pour extraire l’enfant, qui du reste est tout épuisé, tellement épuisé qu’il ne pleure même pas. Il est dirigé dans le service de néonatologie, sonde et cathéter partout. Au bout de trois jours, il s’éteint pour rejoindre sa mère. Ils abandonnent ainsi leur famille, qui attendait depuis neuf fois. C’était la vie puis la mort… Ou du moins, c’était l’espoir d’une nouvelle vie avant que la mort ne vienne tout gâter, tout gâter parce que quelqu’un l’aurait invité au rendez-vous de vie avec son orgueil, son arrogance, son incapacité d’écouter une femme qui se battait pour voir naitre son enfant.


On aurait pu éviter ça, ça ne coutait pas grand-chose de l’écouter, de la rassurer. Au-delà des examens médicaux, elle sentait son corps mieux que quiconque. Les médecins n’ont pas le droit de se fier à leurs expériences pour sacrifier les gens, chaque personne est singulière.
Et cet enfant, cet enfant qui part juste comme ça. Il n’a pas eu droit aux mains chaleureuses de sa mère, son père était préoccupé à pleurer et à dire adieu à sa femme, … Il est parti dans la solitude, un être si innocent et fragile.


Mon cœur est brisé en mille morceaux, si j’avais ne serait-ce qu’un peu de pouvoir, je l’investirais, pour que partout dans le monde, aucune femme ou enfant ne meurt au cours de ces moments magiques. Je suis écœurée, triste, brisée. Je me sens impuissante et ce sentiment me fait sentir encore plus mal.
Je ne peux pas m’imaginer la peine de la famille biologique, le désespoir de la mère et de l’enfant au moment de lâcher. Je n’arrête pas de me dire quelles étaient leurs dernières paroles au fond d’eux-mêmes, que se disait la mère avant de mourir et cet enfant alors ??? Que c’est dur ! Je pense aussi à toutes ces personnes qui ont vécu des situations similaires…
C’est à cause des cauchemars comme ça que certaines femmes ont craint de faire des enfants, je suis d’accord que nous finirons tous par mourir mais cette voie de partir … Celle-ci devrait être éradiquée. Ce n’est pas au moment de donner vie qu’on devrait perdre deux vies. Personne, oui personne ne mérite une telle épreuve. On devrait tout faire pour éviter ça, ce n’est pas comme si c’était fatal, on pourrait au moins prêter un peu d’attention aux mères, elles savent parfois ce qu’elles disent. Et ce n’est pas pour rien qu’elles insistent.


Bref, mes pensées positives à toutes ces femmes qui ont perdu leurs enfants, sans avoir la chance de les serrer dans leurs bras, d’écouter leurs premiers babillages, leurs premiers pleurs, …
Je vous souhaite plein de courage, vous toutes, qui avaient vu partir vos enfants si tôt. Et à toutes ces familles qui ont perdu leurs êtres chers durant l’accouchement ou pendant la grossesse, tous ceux qui ont vu ce moment tant attendu se transformer en plus gros cauchemar de leur vie, prenez courage. Avec ces cicatrices ou ces blessures, trouvez une raison pour vivre en rendant hommage à ces personnes.
Vivez PLEINEMENT deux, trois, quatre, cinq fois, dites-vous que vous vivez aussi pour eux. Et parce qu’ils vivent à travers de vous, tachez de leur offrir une existence merveilleuse. Faites-le pour eux.
Nos morts ne sont pas morts. Ils sont dans nos cœurs. Ils vivent avec nous et meurent avec nous sans jamais mourir, parce que ceux pour qui nous sommes chers continuent à nous faire vivre avec eux, dans leur cœur.
Je vous souhaite une semaine pleine d’énergie positive !

Brielaplume / La passion d’écrire.

Publié par Brielaplume

Passionnée par l'écriture, Ecrire pour transmettre des énergies positives.

2 commentaires sur « C’était la vie, puis la mort. »

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