J’apprends…

Je travaille intensément ces derniers temps, chaque soir quand je rentre, je sens un poids de fatigue mélangé à l’envie de retourner chez moi, de tout quitter, de tout abandonner. Ça dépend des jours, honnêtement parfois j’ai du mal à supporter le poids quotidien de tout ce que j’accumule à chaque seconde, à chaque minute, à chaque heure. Je vis ici beaucoup d’expériences, et je crois avoir terminé la phase de découverte et franchi celle d’apprentissage. J’apprends beaucoup de choses au quotidien. Mais je rentre toujours abattue, partagée entre l’envie d’écrire ou de prendre une bonne douche et de lire jusqu’à ce que le sommeil m’emporte. La connexion internet reste un grand souci, parfois ma Sim capte, parfois non. Je passe parfois des jours déconnectée de ce qui se passe dans le monde ; parfois ça me plait, parfois ça me stresse.


J’ai dépassé l’étape du tourisme, ce regard que je porte constamment à mon boulot de voyageur pour m’auto encourager, j’ai entamé celle d’apprentissage, je suis attentive à tout ce qui se passe autour de moi et j’apprends de tout ce que je vois. J’apprends de ces collines que je parcours aux quotidien, des douleurs que cela me donne aux pieds, de ces personnes en souffrance qui ne demandent rien que l’espoir de vivre, de cette nature pure qui ne connait ni pesticide ni pollution.
Au regard de tout ça, j’apprends à apprécier la vie, à être reconnaissante pour tout ce que je suis et tout ce que j’ai. J’arrête de me plaindre et j’évalue la chance que j’ai.


Au quotidien, je découvre les peines aux quelles les autres font face chaque jour, tout ce qu’ils demandent c’est de pouvoir trouver où mettre la tête, quoi mettre sous la dent, peu importe le contexte. J’apprends de ces gens que la qualité ne vaut rien, leur façon de vivre m’apprend la vraie signification de la fameuse phrase « A chaque jour suffit sa peine ».
J’apprends de ces enfants qui ne demandent rien que de pouvoir jouer tranquillement sans avoir à fuir la guerre ou à entendre sans cesse des crépitements de balles, j’apprends de ces enfants qui ont appris à ne pas construire leur avenir sur base des études faites ou des diplômes, j’apprends de ces gens qui ne croient qu’au présent et qui en profitent avec leur dernière énergie malgré leur misère. J’apprends d’eux et je comprends qu’on ne reconnait la valeur de sa vie que lors que l’on vit dans le risque permanent de la perdre.


J’apprends de ces gens qui sont joyeux, qui ne se plaignent pas pourtant ils ont mille et une raisons de le faire. Je me pose tant de questions : comment font ces mères pour sourire dans ces conditions, comment font ces mères pour sourire sachant que leurs enfants n’auront aucune chance d’aller à l’école ? Comment font-elles pour rester joyeuses voyant leurs enfants au stade chronique de la malnutrition ? Comment font ces jeunes pour rester forts après avoir perdu tous les membres de leurs familles ? Comment font-ils pour continuer à vivre après avoir vécu tant d’atrocités ???
J’apprends que nous avons toujours le choix, le choix de continuer à vivre ou d’être un mort vivant. J’apprends que le bonheur ne nait pas de nos conditions de vie, c’est un état d’esprit.
Au regard de tout ça j’apprécie la grâce que j’ai de ne pas être à leur place et je m’en veux de ne pas pouvoir assez les aider.
Je vis avec eux ces peines, j’apprends de leurs souffrances, je m’instruis de tout ce qui m’entoure et j’apprends par-dessus tout à apprécier la vie.

Brielaplume / La passion d’écrire.

Publié par Brielaplume

Passionnée par l'écriture, Ecrire pour transmettre des énergies positives.

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